Mots d’accueil de l’ICOFOM

Les membres de l’ICOFOM à la Conférence générale de l’ICOM à Dubaï en 2025. L’ancien conseil d’administration de l’ICOFOM et le nouveau conseil d’administration élu.
Le Comité international pour la muséologie (ICOFOM) est le comité de l’ICOM chargé de l’étude globale de la muséologie, tant sous ses aspects pratiques que théoriques. L’ICOFOM a pour objectif de promouvoir et de débattre d’une vision globale de la muséologie, dans une perspective résolument inter- et transnationale.
Nous sommes un groupe de professionnel.le.s des musées issu.e.s de régions telles que l’Amérique latine et du Nord, le Golfe, l’Afrique de l’Ouest, l’Asie du Sud-Est et l’Europe ; lié.e.s à différents domaines d’expertise, nous sommes tou.te.s uni.e.s par un intérêt commun pour la muséologie et les institutions muséales sous toutes leurs formes.
Les actions menées au cours de ce mandat s’inscrivent dans la continuité de l’héritage muséologique de l’ICOFOM depuis sa création en 1977, tout en cherchant à développer de nouvelles dynamiques en phase avec les enjeux muséologiques contemporains. Nous tenons tout particulièrement à saluer et à remercier les trois derniers président.e.s de l’ICOFOM pour le travail accompli : François Mairesse (2013-2019), Bruno Brulon Soares (2019-2022) et Karen Brown (2022-2025).
La force de l’ICOFOM réside sans aucun doute dans sa participation à la réflexion muséologique internationale et aux perspectives décentralisées que cela implique pour le développement de cette discipline. Dans le cadre de cette réflexion, une attention particulière est portée à l’émergence de nouveaux musées ou de nouvelles formes muséales, ainsi que l’évolution historique et contemporaine de régions telles que l’Amérique latine, l’Asie du Sud-Est, la région du Golfe, l’Océanie et l’Afrique. En étudiant ce que sont ces nouveaux musées, à qui ils s’adressent et comment ils sont conçus, nous pourrons engager une réflexion sur de nouvelles formes possibles de muséologie. Comment ces nouveaux musées et ces nouvelles pratiques muséologiques contribuent-ils à repenser les concepts de musée et de muséologie ? Quelles dimensions de l’innovation et de l’expérimentation mettent-ils en œuvre ? Conformément aux réflexions menées de longue date par l’ICOFOM, les questions de la traduction, du multilinguisme et de l’adaptation du vocabulaire muséologique feront l’objet d’une attention particulière. Les aspects liés aux circulations et aux transferts de connaissances, de pratiques, d’expertises et de concepts muséologiques et muséaux à travers le monde, par le biais de la formation et de la création de nouveaux musées, constitueront un autre axe prioritaire. L’objectif sera de remettre en question les normes et les standards muséaux ainsi que leurs adaptations possibles, au-delà d’une distinction stricte entre centres et périphéries, tout en abordant les questions de pouvoirs et d’asymétries persistantes.
Le renforcement des liens entre les musées et la recherche universitaire est également un enjeu majeur à l’heure où de nombreux musées intègrent des instituts de recherche spécialisés en muséologie et où les formations en muséologie se multiplient pour répondre aux besoins des nouveaux musées. Dès lors, qui définit la muséologie aujourd’hui et demain ? Il sera essentiel d’encourager la participation des jeunes professionnel.le.s des musées et des jeunes muséologues aux débats et aux activités de notre comité, notamment en maintenant activement les bourses destinées aux colloques annuels, en créant des tables rondes spécifiques et en soutenant leurs efforts de publication. En tant que comité international de l’ICOM reliant des membres du monde entier, nous souhaitons promouvoir de nouveaux formats de discussion et faire de notre comité une plateforme permettant de faire entendre une pluralité de voix.
Certains thèmes abordés par le passé continueront donc à faire l’objet d’une étude approfondie : la transition écologique, la décolonisation des musées et de la muséologie, la muséologie sociale et communautaire, les questions de pouvoir, les muséologies insulaires, la muséologie critique et l’inscription sociale des musées restent des thèmes de réflexion essentiels.
Enfin, l’ICOFOM participe aux réflexions et aux actions de l’ICOM dans son ensemble : la nouvelle définition du musée, sa mise en œuvre et son application ; la rédaction du nouveau Code de déontologie ; la création d’un comité permanent sur la décolonisation. À cette fin, nous souhaitons travailler avec l’ensemble de la communauté de l’ICOM, en lançant des projets communs avec les comités nationaux, les comités internationaux et les alliances régionales, et en poursuivant des collaborations fondées sur la durabilité.